By Lionel novembre 07, 2013

Alors que Deezer a annoncé hier diverses évolutions à court terme, l’Observatoire de la Musique publie aujourd’hui une étude sur l’offre et la diversité musicale en ligne, à laquelle Mediatrium, agence digitale et agence social media, a collaboré.

7 plateformes de streaming et de téléchargement MP3 ont été explorées : Amazon MP3, Deezer, Google Play, iTunes Store, Qobuz, Spotify et Youtube.  Sont comparés la profondeur de l’offre, la classification par genre musical, les versions web, applications desktop et mobiles. Pour compléter les informations récoltées, l’Observatoire de la Musique et Mediatrium ont également rencontré des membres de Deezer, Spotify et Qobuz.

Ci-dessous nous proposons un extrait de l’introduction de cette étude que vous pouvez également télécharger sur le site de l’Observatoire.

« Face au succès populaire du Cloud et surtout face à la montée des services de streaming tels YoutubeSpotify ou Deezer, les annonces de nouvelles plateformes musicales dématérialisées et à accès illimité sur abonnement se sont multipliées en 2013. Microsoft a récemment lancé son service de streaming musical sur console Xbox,  Google a proposé Play Musique Accès Illimité en France (lancé en début d’année aux USA) – qui complète son offre de téléchargement Play Store – et Napster, édité par Rhapsody, a effectué son grand retour à la rentrée, en signant notamment un partenariat avec SFR, éclipsant ainsi Spotify des offres mobiles de l’opérateur. Face à ces mastodontes américains et aux médiatiques Spotify et Deezer, tous deux d’origine européenne, un service tente de marquer sa différence. A une certaine standardisation de l’offre, Qobuz oppose une vision assez haut de gamme, insistant sur ses offres en qualité CD, ses Studio Masters ou encore ses sélections classiques et jazz. A l’image de ses concurrents, la plateforme, née en France, tente de conquérir le monde.

(…)

L’expérience utilisateur est différente selon le type de service utilisé

Les services de streaming ont une orientation très prochequi mise grandement sur la puissance de leur moteur de rechercheCependant, ils se distinguent par leur système de recommandation respectif.

Ainsi, Spotify intègre parfaitement le social dans la découverte de nouvelles musiques, notamment grâce à son partenariat avec Facebook. En outre, la bibliothèque musicale de l’utilisateur est exclusivement axée sur des playlists, effaçant ainsi toute notion de classification par album, artiste ou genre musical.

De son côté, Deezer s’appuie – en France – sur des recommandations émanent de professionnels de la musique : festivals, médias… Les radios représentent une section majeure de l’offre. Nombreuses, elles bénéficient également d’une présentation qui se distingue du reste de la plateforme. Cependant, dès le mois de novembre 2013, Deezer proposera 2 nouvelles
rubriques musicales : « À écouter » et « Explorer » (cf. page 10).

Quant à Youtube, il fonde dès ses origines son succès sur le buzz généré par le partage des vidéos dans des sites tiers. La plateforme se distingue également par son ouverture à tout éditeur de contenu, professionnel ou non, ainsi que par la gratuité totale de son offre illimitée[1].  Conscient de la place de la musique dans l’audience globale du service, Youtube a entamé une segmentation de son offre par artiste et par album et propose également des outils pour constituer ses propres playlists et les partager.

Les plateformes de téléchargement iTunes et Amazon MP3 puisent surtout leur force dans leur façon de présenter la musique : l’e-commerce et ses « incentives » permanentes ont largement inspiré ces services. Rien d’étonnant pour Amazon, qui porte en son seing l’ADN marchand, ni pour Apple, pour qui le store est une véritable manne financière.

Du côté des plateformes hybrides, la recommandation sociale y est particulièrement ténue.

Google propose deux services distincts : à son service de téléchargement Play Store Musique, dont l’approche e-commerce est aisément comparable à celle d’iTunes Store et d’Amazon MP3, le géant a ajouté récemment un service de streaming : Play Musique Accès Illimité. Ce dernier hérite de l’esprit e-commerce de son grand frère, avec une classification par genres et sous-genres musicaux poussée, tout en intégrant les spécificités des plateformes de streaming, telle la rubrique radio. Play Musique a été pensé pour les terminaux Android : l’utilisateur peut indifféremment y lire un titre en streaming ou un fichier musical enregistré sur la mémoire de l’appareil.

Quant à Qobuz, il hérite également de ses origines e-commerçantes, avec de nombreux incentives et une segmentation extrêmement pointue. Il se distingue également par une exigence éditoriale et qualitative destinée aux passionnés. Si Qobuz s’est rangé à la mode du streaming, il ne propose à ce jour, aucune radio.

 

Les plateformes de pur streaming ont presque abandonné le classement par genre musical

Youtube, Deezer et Spotify ne classent pas les titres et albums par genre musical, sauf  – selon le service – dans les tops, les sélections, ou les radios. Spotify propose également une classification détaillée de playlists accessible depuis les terminaux mobiles.

iTunes reste potentiellement la plateforme proposant le plus de genres et sous-genres musicaux. Cependant, la rubrique « Parcourir » permettant d’accéder à l’ensemble de la classification a été reléguée à un lien en bas de page.

Google Play a effectué un bel effort de classification pour un service relativement nouveau, tandis qu’Amazon n’a pas jugé utile d’ajouter des sous-genres musicaux, qui existent pourtant dans la boutique d’achat de CD. Qobuz, mise sur d’autres critères de filtrage, notamment instrumentaux, mais aussi par qualité d’enregistrement, par nom de compositeur, etc. Ce qui n’apparaît pas dans notre tableau ci-dessous, qui inventorie uniquement les genres musicaux (rock, pop, jazz…)

Nombre genres et sous-genres disponibles selon les plateformes

 

Services musicaux

Nombre de genres musicaux

Nombre de sous-genres

iTunes

37*/13

262*/0

Google Play

20

127

Amazon MP3

20

Qobuz

11

81

YouTube

Seulement pour une sélection en page d’accueil de la chaîne musique

Spotify

Seulement pour les tops, radios et playlists

Deezer

Seulement pour les tops et radios

 

*Chiffre maximum via le lien « Parcourir » en bas de page, mais seuls 13 genres musicaux et aucun sous-genre sont immédiatement visibles depuis la zone centrale de navigation.

 

Le streaming facilite l’accès rapide à l’écoute musicale

Le service de streaming de Google Play (Musique Accès Illimité) est celui permettant d’accéder le plus rapidement à la musique, en un seul clic. Sur les autres services proposant du streaming, il faudra en moyenne, tous terminaux testés, deux à trois clics pour la même opération.

Pour l’achat de titres ou d’albums, l’affaire se complique. Apple détient l’exclusivité du téléchargement de musique sur iOS, tandis que le système Android est plus permissif. Il est donc difficile de comparer le nombre de clics entre les services, d’autant que celui-ci varie également en fonction du pré-enregistrement ou non de la carte bancaire.

Les services ont été testés sur chaque plateforme applicative (web ou ordinateur), sur iOS et Android. Amazon MP3 a également été testé sur le site web mobile, compatible iOS.

 

Nombre de clics moyens pour le streaming sur l’ensemble des terminaux testés

Moyenne sur tous les terminaux testés :

 

iTunes

Google play

Amazon MP3

Spotify

Deezer

You Tube

Qobuz

Streaming d’un titre

1

2

1,75

2

3

Streaming d’un album

1

2

2,5

3*

3

*Playlist d’album

 

 

Accessibilité de l’achat de titres sur l’ensemble des terminaux testés

 

iTunes

Google play

Amazon MP3

Spotify

Deezer

You Tube

Qobuz

Téléchargement d’un titre

iOS

Web, Android

Web, web mobile et Android

Web, Android

Web

Téléchargementd’un album

iOS

Web, Android

Web, web mobile et Android

Web

Web

Le concept de radio internet n’est pas standardisé

L’étude de ces plateformes a permis de mettre en lumière la non standardisation de l’appellation « radio » sur Internet. Deezer est sans doute le service ayant le plus fidèlement reproduit l’esprit « FM », au prix de limitations qui pourront agacer l’utilisateur : ainsi, il est impossible de revenir sur un titre déjà joué. De même, il n’est possible de « zapper » que 5 titres par heure. Spotify ne permet pas non plus de relire un titre déjà passé, mais la marche avant est illimitée. Google Play Musique Illimitée propose un service qui n’a que peu de rapport avec le concept même de radio. En effet, la rubrique génère une playlist dont il est possible de modifier l’ordre des titres. Il est y également aisé d’avancer et de revenir en arrière à tout moment.

La tendance est à la « dématérialisation » de la musique, en Hi-Fi

Le marché du matériel d’écoute subit, en réponse à l’avènement de ces nouvelles formes de services dans le Cloud et en streaming, un bouleversement sans précédent. La nouvelle génération d’appareils n’a plus besoin de supports, comme le vinyl, la cassette, la clef USB ou le CD. Désormais, elle bénéficie d’un flux permanent de musique grâce aux sites de streaming qu’elle intègre sous forme d’API. Dématérialisée au cœur du réseau Internet, la musique se diffuse désormais dans les stations d’accueil MP3, les box TV, les voitures connectées… Les marques LG et Samsung proposent même des smartphones Hi-Fi, avec la norme 24 bits.

Ainsi, grâce aux partenariats entre fabricants de matériel et services de streaming, l’utilisateur peut, par exemple, écouter Deezer sur la TV d’Orange, Qobuz sur les systèmes audio SONOS et Spotify dans les véhicules Ford.

Cette nouvelle ère de l’objet connecté est une opportunité indéniable pour les plateformes de streaming et mène inexorablement à la tendance du multiroom. Le principe est de diffuser, sans fil, la musique dans toutes les pièces de l’habitat. Si Apple proposait déjà ses « Airplay », parfait complément d’iTunes, Spotify vient d’annoncer le lancement de son système « Connect ». Les marques audio ne sont pas en reste : certaines, comme SONOS ou plus récemment BOSE, proposent désormais des enceintes multiroom.


[1] Hors chaînes payantes

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