By Lionel novembre 18, 2010

J’ai eu le plaisir de présenter une formation hier auprès de 12 personnes provenant d’univers et de métiers différents, mais toutes travaillant pour de grandes marques. Une formation concernant les stratégies sur les médias sociaux.

Au début de la formation, j’ai évoqué quelques chiffres clefs, comme nous avons l’habitude de le faire, nous professionnels de l’Internet, un peu pour épater la galerie, un peu pour sensibiliser l’auditoire. Mais je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un certain malaise. Malaise qui s’était déjà signalé lors de la préparation de mon intervention.

Les 500 millions d’inscrits facebook ? Ce ne sont que des inscrits – comme l’a justement fait remarqué une personne de la salle – et non des utilisateurs actifs. Ce chiffre a d’ailleurs été mis en doute lors de son annonce cet été.

Certains instituts de sondage se contredisent. Ainsi,  d’après la dernière étude de l’Ifop, Copains d’avant devancerait facebook en France, alors que deux mois auparavant Médiamétrie affirmait le contraire. Les méthodologies diffèrent, les chiffres aussi… mais au final, on ne retient que des ces derniers.

Autre exemple : si l’on se réfère à l’ifop, 78% des internautes français fréquentent les réseaux sociaux. Cela représenterait 29 millions de personnes, sur la base du nombre d’internautes que Médiamétrie a calculé. Or ce dernier institut indique qu’il n’y aurait que 20 millions de personnes fréquentant les sites communautaires. Peut-être y a-t-il une différence entre site communautaire et réseau social ? Pour être honnête, oui. Mais Le Figaro, qui rapportait l’information, n’en fait aucune. De toute façon, pour la plupart du public il n’y en a pas. Car finalement, qu’inclut-on dans chacune de ces typologies de sites : les blogs ? les forums ? les médias citoyens ?

Le phénomène n’est pas nouveau. Une des imprecisions les plus flagrantes qui sont jetées sur la place publique concerne l’évolution des taux. Si le taux de Français fréquentant les réseaux sociaux passe de 78 à 80 %, nombre de rapporteurs prétendront que l’augmentation est de 2 %, alors qu’elle est en réalité de 2 points. Ajoutez à cela les faux sondages réalisés sur Internet, qui ne s’appuient sur aucun panel scientifiquement établi, mais que certains médias annoncent comme étant caractéristiques de l’opinion, et vous obtenez finalement de l’intox totale.

Alors, comment ai-je présenté « mes » chiffres me demanderez-vous ? J’ai joué la transparence, citant Médiamétrie comme l’Ifop pour conclure que ce qui est à retenir, ce ne sont pas les chiffres, mais le phénomène. Il est indéniable aujourd’hui que facebook a du succès et que les internautes sont influencés par leurs pairs sur Internet. Il suffit souvent de regarder autour de soi pour s’en rendre compte.

4 thoughts on “Le « bullshit » des chiffres de l’Internet.
19. novembre 2010 at 10:10 |

Bonjour,

Je viens de retweeter votre article sur Twitter et je dois dire que j’avais déjà plus ou moins « dénoncé » cette situation.

Dans mon article intitulé « De la découverte des médias sociaux » — http://www.ithink.fr/social-media/de-la-decouverte-de-la-statistique-sur-les-medias-sociaux/ j’évoque également la problématique concernant la publication des études américaines. Les usages sont bien souvent différents entre la France et les USA…

Merci pour votre retour et à bientôt sur twitter, @phb

19. novembre 2010 at 10:10 |

Bonjour,

Je viens de retweeter votre article sur Twitter et je dois dire que j’avais déjà plus ou moins « dénoncé » cette situation.

Dans mon article intitulé « De la découverte des médias sociaux » — http://www.ithink.fr/social-media/de-la-decouverte-de-la-statistique-sur-les-medias-sociaux/ j’évoque également la problématique concernant la publication des études américaines. Les usages sont bien souvent différents entre la France et les USA…

Merci pour votre retour et à bientôt sur twitter, @phb

Lionel
19. novembre 2010 at 10:10 |

Bonjour, merci pour le lien. En effet notre approche est la même. Je n’ai pas évoqué la confusion qu’il peut y avoir entre les sondages américains et français, c’est bien de l’avoir souligné. J’ai justement été confronté à cela hier soir. Un sondage vient d’apparaître dans plusieurs médias : selon l’Ipsos et Google, 40 % des PME n’ont pas de site web. Il y a un an, PagesJaunes indiquait qu’elles étaient 78% ! Une sacrée différence… Je me suis immédiatement demandé si l’enquête de Google avait été effectuée en France, impossible de trouver la réponse… en tout cas l’enquête n’apparaît pas sur Ipsos France. Peut-être s’agit-il d’un hoax ?

Lionel
19. novembre 2010 at 10:10 |

Bonjour, merci pour le lien. En effet notre approche est la même. Je n’ai pas évoqué la confusion qu’il peut y avoir entre les sondages américains et français, c’est bien de l’avoir souligné. J’ai justement été confronté à cela hier soir. Un sondage vient d’apparaître dans plusieurs médias : selon l’Ipsos et Google, 40 % des PME n’ont pas de site web. Il y a un an, PagesJaunes indiquait qu’elles étaient 78% ! Une sacrée différence… Je me suis immédiatement demandé si l’enquête de Google avait été effectuée en France, impossible de trouver la réponse… en tout cas l’enquête n’apparaît pas sur Ipsos France. Peut-être s’agit-il d’un hoax ?

Leave a Reply

Your e-mail address will never by shared.

Please enter your name!

Please enter your email!

Please enter your website!

Please enter your comment!